Voter, c’est oser choisir!

« Je veux les deux »

C’est en ces termes qu’une affiche placardée au bord de nos rues vante une assurance qui permet aux personnes intéressées de ne pas choisir !

« La grandeur de l’homme, c’est d’être capable de faire des choix »

Cette autre vision de l’homme, c’est celle de Thierry Magnin, prêtre et recteur de l’université catholique de Lyon, exprimée dans Le Temps du 31 mars, sous le titre (à l’origine) « Il faut réfléchir à un nouvel humanisme »

Voilà deux conceptions bien différentes de l’être humain. La première est infantile. La seconde mise sur l’éducation qui conduit peu à peu l’être humain hors de l’enfance et lui permet de parvenir au stade où il est capable de choisir, c’est-à-dire d’apprécier les conséquences de ses actes, de régler sa conduite en fonction de cette appréciation et d’en assumer les conséquences.

La politique nous ennuie

Le numéro des 28/29 mars de Lausanne Cités contenait un article intitulé « encourager les jeunes à voter… un vrai défi ! » qui se terminait ainsi : « Bref, en 2018, voter, c’est un truc de vieux », et Yves Petitgnat, dans le Temps du 31 mars, y allait d’un petit couplet sur « Les cantons nous ennuient », et se demandait « comment relancer l’intérêt pour la politique régionale et cantonale auprès des nouveaux électeurs ? »

A quoi peuvent bien servir l’école en général et l’instruction civique en particulier ?

Certes, les moyens techniques changent et l’adaptation à l’environnement numérique pose à l’école des problèmes pédagogiques considérables. Mais la meilleure manière de libérer les jeunes de l’esclavage de la publicité que la toile favorise en flattant les faibles, les narcissiques, les vaniteux et les envieux, c’est de fortifier leur capacité de choisir et leur envie de le faire. La formation civique devrait enseigner l’importance de cette aptitude, la chance que représente notre démocratie semi-directe pour la pratique de cette capacité. Que raconte-t-on aux adolescents pendant les cours d’instruction civique pour que voter leur paraisse un « truc de vieux » et pour que les cantons les ennuient ? Et qu’est-ce que c’est que ces petits minets que ça ennuie de voter par bulletin papier alors que les vieux – dont je suis – s’habituent à internet, aux SMS, aux smartphones, à un environnement où les gens se promènent avec des fils blancs qui leur sortent des oreilles ou avec des casques pour ne pas entendre les bruits de la vie autour d’eux? On se demande parfois qui sont les vrais croulants !

La démocratie est le type de régime politique qui exige des choix donc des citoyens adultes

C’est le fin moment de secouer un peu le cocotier car l’infantilisme des citoyens pourrait sonner le glas de la démocratie.

 

Article publié le  sur le blog de Suzette Sandoz, professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

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